Eh oui je sais, j'ai pris pas mal de retard sur ce blog !!! Mais les études, tout ça, c'est prenant quand même !! Enfin bref, une petite interview qui date de cet été et qui j'espère vous fera plaisir, ou du moins, vous fera passer le temps !!!! Je vais essayer de mettre plus de news dans les semaines à venir, sur ce, bonne lecture à tous !!!
«Je suis très fier de là d'où je viens» (Conférence de presse, Rock en Seine 2008)
Qu'avez-vous fait pendant ces cinq dernières années. Collaboré avec d'autres artistes ?
Non pas vraiment. Je n'ai pas travaillé beaucoup pour les autres. J'ai enregistré un peu mais uniquement pour moi-même. J'ai beaucoup profité en fait. J'ai bu, vu ma famille, mes amis, mes petites-amies... La vie ! Des choses normales !
Quand vous étiez enfant, vous rêviez de devenir quelqu'un de spécial. Est-ce aujourd'hui un rêve devenu réalité ?
Oui. Quand on est enfant, on nous demande souvent ce qu'on a envie de faire plus tard. Et je ne savais pas trop quoi répondre alors je disais parfois artiste. Puis je passais à la question suivante qui était souvent : « ca va bien sinon ? » C'est très étonnant pour moi aujourd'hui d'être en contact d'artistes que je regardais à la télé quand j'étais petit, que j'écoutais. Je me demandais comment ils faisaient pour faire leurs clips. C'est extraordinaire pour moi.
Pendant ces cinq ans où vous avez juste profité de la vie, avez-vous justement écouté beaucoup de pop stars comme Kylie Minogue ?
Oui. J'adore Kylie. Et j'adore, bien sûr, la chanson slow. Nous essayons d'en faire un clip ensemble. J'espère que ça se fera...
Vous avez appelé cet album Knowle West Boy, du nom du quartier de votre enfance. Pourquoi ?
Je suis très fier de là d'où je viens. Nous sommes cinq générations aujourd'hui à venir de là-bas. Nous sommes tous allés à la même école. Ma grand-mère vit dans la même rue que mon arrière grand-mère et ma tante vit juste au coin de cette rue. On n'est pas censé être fier de venir de Knowle West. Mon institutrice disait toujours : « si vous cherchez un boulot et que vous dites que vous venez d'ici, vous n'aurez pas le boulot. » Donc moi je suis heureux d'en être fier aujourd'hui. Tous les gens que j'y ai rencontré, bons ou mauvais, ont fait de moi qui je suis maintenant. C'est un honneur de venir de là.
Quelles ont été vos influences musicales pour cet album?
C'est ma fille qui m'a fait découvrir la plupart des dernières musiques que j'ai écouté. Elle écoute MGMT, Death Cab For Cutie. La plupart des musiques actuelles, je les pique à ma fille. Elle a quatorze ans. Et j'adore ça ! Je fais toujours attention à mes enfants. Je ne veux pas passer pour un vieux type à leurs yeux. Alors j'écoute ce que ma fille croit que je devrais écouter.
Vous viviez à LA, maintenant à Paris. Où exactement ?
Ou j'habite à Paris ? Hé bien, je n'y suis plus depuis décembre dernier. Je suis sur un projet avec les 104. C'est un énorme projet. Avec des gamins qui viennent des rues de Paris. Je me fiche qu'ils soient des rappeurs ou quoi que ce soit d'autre. Ce sont juste des enfants normaux. Je les emmène en studio. Ils travaillent avec moi. Je les laisse travailler. Et je fais donc un album avec les gamins des banlieues d'ici. Du coup j'ai habité quelques temps ici plutôt que de sauter dans le train tout le temps. Car le travail a pris quelques mois. J'en ai aussi profité pour faire d'autres choses avec ces gamins : de la peinture, de la photo... Juste prendre les enfants et leur donner de nouvelles opportunités. Parce que je ne crois pas au mot « génie ». Je pense que c'est juste une question d'opportunité. Certaines personnes ont des opportunités, d'autres non. Alors offrons aux enfants ces opportunités.
Pensez-vous revenir un jour à Los Angeles ?
Non, je ne pense pas. Si je reste quelque part trop longtemps, j'arrête de regarder autour de moi. Quand j'ai vécu à New York pour la première fois, j'avais l'habitude de conduire sur le pont de Brooklyn et un jour je me suis dit : « wouah, après huit ans, je ne regarde même plus à travers ma fenêtre. » La même chose à L.A. Alors c'est le moment pour moi de partir. Je n'aime pas être un étranger quelque part. Je suis habitué à L.A. Mais je pense qu'il st bon pour moi de me sentir étranger quelque part.
Avez-vous en projet de faire une tournée ?
Je tourne déjà depuis deux mois. Je suis allé au Japon, en Corée, à Moscou... Je vais tourner encore jusqu'à la fin de cette année. Puis je me consacrerais à mon projet 104. Puis l'année prochaine, je repartirai encore en tournée.
Vous êtes à Rock en Seine. Y a-t-il des groupes que vous ayez envie d'aller voir ?
Jimi Hendrix, Billie Holiday, The Specials... Non, j'aimerais voir les Raconteurs, REM peut-être. Mais je n'aime pas les concerts. Je ne sens toujours étrange d'être debout à regarder en l'air. J'ai toujours l'impression que ce devrait être moi sur scène. Alors je me sens toujours étrange quand je suis dans le public.
Vous travaillez aussi sur un projet qui s'appelle Rampack?
Oui, je viens de le terminer. Ce sont douze morceaux d'artistes différents. On a utilisé les paroles comme script pour créer comme un film. Quand j'écoute des musiques, je vois des images. Alors j'ai écrit un court-métrage autour des douze morceaux. Cela ressemble à un documentaire comme... Avez-vous vu Spinal Tap ? The Office ? Voilà...
Aimez-vous les nouvelles technologies ou êtes-vous contre ?
Non, je déteste ce genre de trucs comme BMW, Skateboard et les jeux vidéo.
Que pensez-vous des rapports entre les artistes et la presse poubelle ?
Ce sont des papiers, des journaux. Ca n'a rien à voir avec l'industrie du disque ! Je ne vois pas vraiment ça comme ça moi. Quand je vois par exemple un article sur Amy Winehouse, je ne le lis pas. Je ne pense rien de ça. Je ne connais personne dans ce milieu-là, d'ailleurs on ne me voit presque jamais à la télé, on ne m'entend peu à a radio. C'est la presse en fait ! Si tu ne veux pas d'une certaine presse, il y a quelque chose que tu peux faire. Si tu fais tout pour y être, tu y seras. C'est le jeu auquel nous jouons tous. Regardez-moi maintenant. Je suis face à vous. A la fin de la journée, vous pourrez écrire et imprimer ce que vous voulez sur moi. C'est le jeu auquel nous jouons tous. Je n'y pense pas vraiment en fait. Je suis juste triste pour les gens qui font ça...
Quelle a été l'importance de Massive Attack dans votre carrière ?
Très important ! C'est un peu comme si j'avais pu enfin voir ce qu'était l'industrie de la musique, que j'en faisais partie. Je n'ai jamais vraiment appartenu au groupe Massive Attack. Quand ils ont signé le contrat chez Virgin, je n'étais pas là. Les gens m'ont toujours vu comme un membre du groupe alors que je ne l'étais pas vraiment. Quand je suis arrivé pour la première fois dans une maison de disque pour un deal, je leur ai dit que je ne savais pas si je pouvais être un objet commercial pour eux. Et ils m'ont répondu : « nous ne voulons pas de quelqu'un de commercial. » Du coup, quand j'ai eu envie de faire ma musique, j'ai pu faire ce que je voulais, sans être une pop star parce que les gens me connaissaient déjà.
Vous avez fait ensemble de vrais morceaux classiques. Pensez-vous que vous pourriez travailler ensemble à nouveau ?
Oui, je pense que oui. J'avais l'habitude de dire jamais. Mais je pense finalement que cela pourrait être intéressant. Si l'on retravaille ensemble, les gens attendront beaucoup de nous. Alors ce serait un challenge. Oui ! Mais, pour être honnête, je ne pense pas qu'ils voudront à nouveau entrer en studio avec moi...
Il y a beaucoup de mystère autour de vous, de votre personnage. En êtes-vous conscient ?
Non, pas du tout. S'il y a quelque chose comme une tension sexuelle, je ne la contrôle pas du tout. Quand je fais de la musique, je fais juste de la musique. Je ne me demande jamais si ça va être sexy ou pas. Donc, non, je ne suis pas conscient de ça. Mais merci...
Vous allez travailler avec des enfants français. Y a-t-il des artistes français que vous aimez en particulier ?
Sefyu ! Le meilleur rappeur du monde. Et avec un peu de chance je devrais travailler avec lui aussi.
Aimeriez-vous travailler avec PJ Harvey ?
Oui, j'adorerais faire un album avec Polly ! Parce que pour moi, c'est la personne la plus talentueuse de la planète. Et je le pense depuis longtemps. Alors j'aimerais beaucoup faire un album avec elle.
Pouvez-vous nous parler un peu de vos origines ?
Je viens d'un très étrange mélange entre beaucoup de personnes. Ma grand-mère est blanche. Ma mère est à moitié blanche, à moitié noire, à moitié africaine. Mon père est jamaïcain. C'est un formidable métissage. Ma grand-mère était très old school. Il fallait tout le temps dire merci, s'il vous plait. On avait une famille très unie même si certains allaient parfois en prison. Ce sont des gens très biens, très bons. Ma grand-mère a fait de moi ce que je suis aujourd'hui...
Vous avez fait quelques clips avec Stéphane Sednaoui, qui est un réalisateur français. Pourriez-vous re-travailler ensemble ?
Oui, absolument ! Quand il veut. J'adore Stéphane, parce qu'il se fout de tout. Il se fiche de qui tu es. Il a juste envie de te faire plaisir sur le plateau. Il fait tout le temps des blagues. Ca n'a rien à voir avec du travail quand on fait des clips vidéos avec lui. Tu n'as même pas à te faire de souci sur le résultat final. Tu le laisses filmer, tu rentres chez toi et tu sais que tu vas avoir une bonne vidéo.
Que pouvez-vous nous dire sur le trip-hop et la drum'n bass ?
Je ne sais absolument rien sur le trip-hop. Je pense que c'est un nom stupide. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca a été créé par les journalistes. Je n'ai jamais dit que je faisais du trip-hop. Je n'ai jamais voulu faire partie d'aucun genre. Parce que quand le genre n'est plus à la mode, tu disparais. Quand la drum'n bass se terminera, je serais fini. Non, je ne veux pas. Je ne veux pas faire partie d'un genre, d'un mouvement, je veux juste être moi. C'est trop dangereux d'être engagé dans un genre musical, quel qu'il soit. On est des musiciens, on est là pour faire de la musique. Que ce soit de la basse ou du piano, c'est juste de la musique. J'ai entendu parler d'une scène trip-hop, comme Morcheeba, qui est terrible ! Mais le reste, c'est de la musique de café, de bar. Je peux comprendre pourquoi les gens mettent un nom sur la musique et pense que c'est du trip-hop. Mais je ne me sens pas impliqué dans cette musique. Pour moi, ce n'est pas un mouvement. Ce sont des gens qui viennent d'endroit différents et qui se réunissent. Une combinaison de personnes.